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Texte

Perdu le signal

Nous devons plus qu'habiter le territoire, nous devons être le territoire. Reprendre la conversation avec la nature, puisqu'il y a une coupure qui, menace maintenant notre survie et celle de beaucoup d'autres de nos colocataires.

La moindre action pour réduire cette coupure, fait de nous des activistes: faire un potager, préparer une choucroute, un levain; faire de la cueillette, s'asseoire en forêt pour être attentif à tout ce qui s'y passe; préserver les graines de nos fruits et légumes pour les planter ou les partager; encourager et visiter nos paysans locaux, ramasser des déchets le long d'une berge; nourrir les oiseaux en hiver, se rouler dans les feuilles mortes l'automne, marché pieds nus dans la mer; remplacer son gazon par un couvre-sol qui va ramener les insectes et les oiseaux dans notre pelouse, etc.

De nos jours, ces gestes qui peuvent sembler banals, sont des gestes de résistance qui cicatrisent cette coupure que nous nous sommes infligée. Cette connexion c'est sans doute notre spiritualité originelle. C'est elle qui nous lie avec tout ce qui existe, du micro au macro, de l'invisible comme avec les bactéries qui peuplent notre corps et avec qui nous sommes en symbiose. Jusqu'à cet invisible qui l'est, parce que tellement vaste et tellement loin que, cela échappe à notre imagination.

De l'humus sous nos pieds, à l'étoile qui se meure au fin fond du cosmos … Nous sommes tous fait de la même matière, tous dans la même courtepointe, la même trame. La spiritualité c'est peut-être tout simplement le lien entre nous et tous ce qui existe. Puis notre ouverture face à ce lien, notre écoute face à ce lien, aidé de nos cinq sens.

Il suffit de reprendre le dialogue. Il ne s'agit pas de retourner en arrière chez le chasseur-cueilleur, mais plutôt de trouver un équilibre en abattant le dualisme qui nous met prétensieusement au-dessus de la nature. Soyons conscient que, nous ne sommes que de passage et qu'il faut laisser notre seule maison en bon ordre, pour ceux qui vont l'habiter après-nous.