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La Mohawk Warrior Society: manuel de souveraineté autochtone

Citations

Entretien avec Tekarontakeh

Page 24

«Le mot Rotihsken'rakéhte' se référait à tous les hommes, se rapportant à leur responsabilité de genre sur le modèle du soleil. Le soleil aide à soutenir notre mère, la Terre, qui accouche de la vie. Il est là pour donner chaleur et protection, pour que les jeunes puissent grandir, pour que la vie puisse se déployer — pas seulement chez les êtres humains, mais pour tous les êtres vivants. Nous suivons la voie indiquée par la création. C'est ce que nous appelons sha'oié:ra. On pense souvent que sha'oié:ra signifie “naturel”, mais il ne faut l'entendre dans le sens des langues européennes. Quand nous disons sha'oié:ra, cela signifie “la direction de la création”, Nous suivons toujours les exemples de la création parce qu'elle nous montre depuis le début des temps qu'elle tend à persister dans son être, à toujours aller de l'avant en donnant la vie. La création est un cycle où la vie ne cesse de se renouveler.»

Page 30

«Tout individu a une perspective singulière à apporter à la discussion, et lorsque nous sentons que avons rejoint un accord, il nous reste encore à “brasser les braises” pour découvrir ce que pense chaque personne, sans exception. Voilà comment s'obtient le consensus dans notre société. Cette méthode délibérative devait être étendue à tous les peuples autochtones.»

Page 31

«Les Autochtones s'identifient selon la terre où ils vivent»

[…]

«Nous nous désignons toujours nous-mêmes suivant le territoire où nous vivons. Nous pouvons voyager partout sur le territoire pour chasser, pêcher et récolter des plantes médicinales pour soutenir notre famille —personne dans les autres territoires ne peut nous en empêcher, car ils ne possèdent pas la terre. Ils ne possèdent pas les animaux. Ils ne possèdent pas les poissons. Ils ne possèdent pas les arbres. Ils ne possèdent rien. Tous les peuples dans l'hémisphère occidental considéraient la terre comme leur mère. Elle est une mère: notre mère à tous. Le fait que nous utilisions différentes langues et que nous ayons des cultures et des cérémonies différentes ne signifie pas qu'elle n'est plus notre mère. Voilà pourquoi nous n'avons jamais eu de frontières. L'idée des territoires et des frontières nous est venue de l'autre côté de l'océan. Ils disaient que les Mowhawks, les Oneidas et les Algonquins étaient des nations distinctes, mais nous ne pensions pas de cette manière. Cette terre est notre mère. Nous ne pouvons pas posséder notre mère; nous en avons simplement l'usage.»

Page 37

«L'ancienne génération évitait toujours de nous dire quoi faire. Elle partageait avec nous ses connaissances et ses expériences, et laissait la nouvelle génération le soin de faire ce qu'elle pouvait avec ces connaissances. Alors nous écoutions les aînés nous raconter que le territoire est notre demeure, que nous y avons des responsabilités et des droits.»

Page 47

«Nous ne sommes pas un peuple superstitieux, contrairement à la manière dont Hollywood et les livres d'histoire nous présentent. Nous sommes un peuple très réaliste. Quand nous parlons de ce que nous croyons, nous l'appelons karihwí:io, “la voie de la réalité”. Ce mot est dérivé de orihwí:io, qui désigne une chose qui est définie et indiscutable. Toutefois, lorsque nous parlons des religions qui ont été importées de l'autre côté de l'océan, nous les appelons karihwiiohstónhtshera', des “réalités fabriquées par les humains”, car ce ne sont des réalités que dans notre esprit, pas dans le monde réel. Karihwí:io, au contraire, désigne ce qui est tout simplement, ce qui est là. Il n'y a pas de doute que l'eau existe, que l'air existe, que les arbres existent, que l'herbe pousse et que la pluie tombe. Il n'y a pas de doute à ça: ces réalités parlent d'elles-mêmes.»

Entretien avec Kakwirakeron

Page 91

«La Kaianere'kòwa est fondée sur le consensus. Elle ne souffre aucune exception, aucune dispute. Elle forme un seul grand cercle. Parce que nous avons toujours été des gens libres et des libres penseurs, chaque individu est capable de penser par lui-même. Vous pouvez promulguer toutes les lois que vous voulez, mais vous ne pourrez jamais nous arrêter. Le feu qui brûle au centre de nos conseils réside dans le coeur de chacun de nous, culturellement. C'est une flamme, une étincelle, plutôt qu'un feu. Quand les étincelles de chaque individu humain se rassemblent et se mélangent en partageant leurs pensées, elles forment un feu, kahwà:tsire'. Ici, nous rassemblons nos flammes, encore et toujours. Selon notre culture, c'est ainsi que le feu prend forme. Nous rassemblons nos pensées pour former un feu.»

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