Les partis politiques nuisent-ils à la democratie?

La ligne de parti, l’antagonisme obligé par les règles tacites de la joute politique. Avoir le dessus sur ses adversaires semble plus important que la résolution de problème et l’avancement du bien commun. Les partis idéologiques qui prennent en otage tout l’appareil gouvernemental pour imposer leurs agendas cachés ou non. Les députés qui, une fois élus se font imposés les décisions du conseil des ministres, ou pire, les ordres du premier ministre et de sa garde rapprochée, composée bien souvent par des gens non désignés par le processus démocratique.

Tous ces députés que l’on qualifie d’arrière-ban, sont pourtant les représentants élus par les citoyens d’une démocratie; il serait donc légitime de croire que chacun de ces députés aient droit au chapitre et que la voix de chacun possède un poids équivalent. Mais dans notre système parlementaire de type britannique il n’en n’est rien. Ici le premier ministre est comme un suzerain dont les membres de son parti seraient comme des vassaux. Et quand vient le temps de voter en chambre, la volonté du chef et de son cocus s’impose à l’ensemble.

En plus ça a l’avantage de faciliter la tâche de ceux qui veulent influencer les politiques en leur faveur, car cela fait moins de gens à convaincre si l’on permet à une minorité de commander à la majorité.

Et comment sont choisi les chefs d’un parti? L’argent est ce qui fait indéniablement la différence. Comment une personne choisit par une poignée de citoyens et des collecteurs de fonds peut-il avoir la légitimité de parler en faveur de toute la population? C’est un concours de popularité qui n’a que peu de valeur politique. En plus dans certains partis il n’est pas question de courses à la cheffrie, mais bel et bien de courrenement. La plupart du temps le chef du gouvernement n’a eu l’appui que de 40% de la population et il détient presque tous les pouvoirs!

À part le suffrage universel, il n’y pas grand chose de démocratique dans ce type de régime.

Un premier ministre ou un président devrait être seulement un porte-parole pour l’état et l’assemblée nationale; il ne devrait pas avoir plus de pouvoir que n’importe quel autre député. Même s’il n’est pas d’accord il devrait se plier aux décisions de l’ensemble des élus. Point barre. Il n’a pas à être un César ou un Napoléon.

Des élections à dates fixes, pas de gouvernement majoritaires ou minoritaires… Seulement des élus qui gouvernent pour le bien de la nation et non celui d’un parti ou de groupes d’intérêts.

Les partis politiques peuvent être inféodés et avalés par d’autres partis. C’est ce qui est arrivé à l’ADQ qui a été fusionné avec la CAQ. C’est également ce qui s’est passé avec le parti progressite conservateur, avalé lui aussi par le reform party et qui a changé l’idéologie de l’ancien parti conservateur.

Bien sûr je sais que les droits humains permettent à toute personne de s’associer librement. Qui alors empêcherait les gens de s’associer endehors du processus politique? D’abord il faudrait que le pouvoir ne soit plus influençable par les ploutocrates.

Voulons-nous encore de la démocratie? Est-ce que les élites médiatiques, économiques, académiques et syndicales croient ou veulent vraiment de la démocratie? Voient-ils en elle un processus en constante évolution? Un idéal à atteindre? Ou considèrent-ils qu’au-delà des urnes et des sondages le peuple ne peut réclamer plus de pouvoir? Peut-être que je me trompe, mais je ne vois pas beaucoup les élites que j’ai nommé plus haut, demander la décentralisation de la gouvernance. Le statu quo est à leur avantage.