Le peuple n’est pas juridiquement souverain

«C’est parce qu’à leur entrée en fonction nos députés prêtent serment à Sa Majesté, suivant la tradition féodale de l’État, qu’il n’est pas nécessaire d’édifier celui-ci sur une constitution écrite approuvée par le peuple. C’est parce qu’en régime de type britannique la souveraineté appartient aux parlementaires et à la Couronne que le peuple n’est pas juridiquement souverain et que le moment électoral se conclut sans réjouissance. C’est parce que Sa Majesté est chef de l’Église anglicane, défenseur de la foi au Canada et reine « par la grâce de Dieu », que la laïcité n’est pas près de prendre racine dans ce pays où la primauté du droit va de pair avec « la suprématie de Dieu », conformément à la Charte canadienne. C’est parce que la monarchie incarne la coutume, la tradition et la déférence aux élites, que nombre de celles-ci louent une politique du statu quo tranquille, dont rien n’est à rénover. C’est parce que nos premiers ministres ont récupéré les pouvoirs de Sa Majesté qu’ils agissent en monarques souvent sourds aux réclamations populaires.»